Carnet de voyage en Egypte

AVRIL 2006

Temple de Louxor
La croisière
Temple d'Edfou
Kom Ombo
Village Nubien
Assouan : obélisque inachevé
Assouan : barrage
Philaë
Abu Simbel

LE VOYAGE

C'était le samedi 1er avril 2006, un jour de giboulées, un jour froid et maussade, bref une journée ordinaire de printemps en Belgique. Notre voyage commence par la navette de l'agence de voyage qui nous charge à Namur, ainsi qu'une autre famille de Rixensart. A Saint-Ghislain nous embarquons une 3e famille belge et nous voilà en route vers l'aéroport Charles de Gaulle à Paris. En France les forsythias sont déjà en fleurs. Nous progressons vers le Sud !!!

Nous sommes donc 10 petits belges en route vers l'aventure. Les parents : Serge et Claire, Daniel et Denise, et Nevanna. Les enfants : Fanette, Sandrine, Robin, Aurélie et Audrey.

A l'aéroport nous faisons la file avec des bretons de notre groupe. Ils ont l'air bien sympas. 2 couples de papys et mamies, dont Jean-Pierre qui sera bientôt la coqueluche des enfants.

Le vol se passe sans problème avec Air Méditerranée, sauf que l'espace pour les jambes et les bras est limité. Mais l'équipage est sympa.

Nous arrivons vers minuit à Louxor. Il semblerait que ce soit un horaire habituel pour les voyages organisés vers l'Egypte.

Le guide nous attend et les formalités de visa sont rapidement réglées. Notre guide s'appelle Goudie. Nous sommes rapidement baptisés les Goudies et les Goudettes. Un autocar nous conduit illico à notre bateau et nous prenons possession de nos cabines. Sans être de grand luxe, le bateau est agréable et les cabines sont spacieuses. La première nuit est courte, mais malgré les mises en garde à propos du bruit, que tout le monde nous a serinées, nous dormons très bien.

TEMPLE DE LOUXOR

Le premier jour nous visitons le temple de Louxor. Nous voici donc, émerveillés, sous les statues monumentales de Ramses II , et devant les hiéroglyphes ‘pour de vrai', à écouter avidement les commentaires de Goudie. Il a vraiment l'art de nous captiver, et nous devenons vite familiers de Ramses II, Nefertari, le 13e siècle avant JC, la clef de vie, les cartouches, …

Goudie n'aime pas spécialement le soleil. Ca tombe bien. J'aurais des coups de soleil tout de suite s'il fallait stationner longtemps au soleil. Goudie cherche toujours l'ombre pour nous parler. En quittant le temple de Louxor, Aurélie est interpellée par trois jeunes. Nous pensons qu'ils veulent qu'elle prenne une photo de leur groupe. Mais leur désir est d'être sur une photo avec elle. Ca commence !

L'allée de sphinx qui faisait 3 kilomètres et reliait le temple de Louxor à celui de Karnak est impressionnante. Séance photos obligatoire. Je n'en reviens toujours pas d'être là. C'est trop beau, trop bien conservé, si ancien, si riche, magnifique.

LA CROISIERE

Après le dîner le bateau commence sa navigation sur le Nil. Le fleuve n'est pas très large et le spectacle se déroule sur les deux rives. Les animaux paissent. Les palmiers sont magnifiques. Des pêcheurs dans leurs barques tapent avec de grands bâtons dans l'eau. Est-ce pour réveiller les poissons endormis au fond ? Nous croisons pas mal de bateaux de croisière comme le nôtre.

Le personnel du bateau est tout à notre service. Ils sont tous gentils et attentionnés. Au restaurant, ils nous font toujours de petites blagues, genre : Puis-je encore avoir du lait ? Non, il n'y en a plus ! Puis ils vous en apportent, tout sourire, à votre table. Ou alors ils font mine de retirer votre assiette, alors que vous alliez piquer dedans !

La spécialité, c'est la sculpture avec les serviettes. A chaque retour à notre cabine, nous trouvons un nouveau chef d'oeuvre sur notre lit, ou même un fois un singe suspendu dans l'entrée. Ils utilisent ce qu'ils trouvent dans la chambre pour agrémenter leur montage : pyjama, lunettes solaire, bombe de laque, bijoux, pomme. C'est chaque fois très réussi.

Sur le pont il y a une minuscule piscine. Les enfants en profitent, et surtout se font bronzer. Car ici il fait beau ! 25° au minimum. Ciel bleu, soleil radieux en permanence.

Après chaque visite, notre retour au bateau est célébré par une boisson rafraîchissante : du citron chaud ou du chakara (à base d'une fleur rouge locale). Nous avons aussi droit àla serviette bouillante pour nous rafraîchir avant un petit passage à la cabine.

Le serveur du bar sur le pont est charmant. Il nous a repérés. Je ressemble à sa maman. Daniel a l'air sérieux comme son papa, et visiblement nos filles lui plaisent.

Sur le bateau il y a principalement des Français, et quelques Allemands. La moyenne d'âge est assez élevée. Les papys et les mamies sont en majorité. Il faut dire qu'ils sont en pleine forme. Les levers matinaux ne les effraient pas. Question turista et autres petits problèmes de santé, personne n'est épargné. Les jeunes filles prennent un peu trop longtemps le soleil et après les coups de soleil, un peu de température les assomme pour un jour ou deux. Le changement de régime résulte en quelques problèmes d'intestins. Goudie a tout prévu et nous fournit en médicaments. Tout le monde se remet assez facilement. Les visites ratées sont rares.

A seize heures, comme nous naviguons toujours, un petit goûter nous est servi sur le pont. Café ou thé, petits fours, bien sucrés. La nourriture est très bonne, et variée. Personnellement je ne raffole pas des desserts sucrés, mais certains en profitent bien. Je me méfie aussi des crudités.

Une petite boutique nous attire près du bar. Aurélie achète une djellaba, en prévision de la soirée déguisée, dans quelques jours. Ce n'est pas cher du tout, genre 4 ou 5 euros.

Nous étions inquiets pour le change, les livres égyptiennes ne pouvant pas être achetées avant le départ en Belgique. Nous avons emporté des euros et des dollars, ainsi que notre carte de crédit. Sur le bateau tout est accepté. Les vendeurs qui nous poursuivent à chaque visite, aiment les euros. Finalement je me demande si nous devions acheter des livres égyptiennes !

Le soir du premier jour, soirée dansante. Les jeunes sont lents à la détente, mais les mamans prennent d'assaut la piste de danse, et bientôt, c'est bonjour l'ambiance.

LE TEMPLE D'EDFOU

Pendant la nuit nous sommes passés à l'écluse d'Esna. L'attente a été longue. Seuls 2 bateaux passent à la fois. Comme apparemment une majorité de croisières démarrent le dimanche, tout le monde arrive en même temps pour le passage.

Pour la visite à Edfou, nous partons en calèche. C'est Simbad qui nous conduit. Il parle très bien Français. D'ailleurs il parle toutes les langues, et connaît les petites expressions qui amusent. Il propose 5 millions de chameaux pour Aurélie. Je pense que ce fut l'offre maximale, mais à ce point du voyage, je l'ignorais. J'ai donc perdu l'occasion : le visage de Rixensart en eut été définitivement changé !

Le temple d'Edfou date de l'époque grecque. Il est dédié à Horus, le dieu faucon. L'histoire d'Isis qui a rassemblé les membres d'Osiris, tué et démembré par son frère Seth m'impressionne beaucoup. Le temple est remarquablement conservé.

Le retour vers la calèche se transforme en enfer : les vendeurs installés sur le trajet nous ont repérés à l'aller et nous attrapent au retour grâce aux foulards blancs qu'ils nous ont ‘offerts'.

Papa se retrouve seul et achète une djellaba et une chemise pour lui, à un prix très exagéré par rapport au prix du bateau. Je me fais harceler avec les filles pour une djellabah pour Sandrine, et des babouches. C'est l'horreur. Nous en sortons complètement étourdis et très fâchés de l'arnaque. Je décide que nous ne ferons plus d'achats. Ceci est vraiment l'aspect le plus désagréable en Egypte : les vendeurs ne laissent pas les touristes regarder et choisir à leur aise. Dès que votre regard se pose sur un article, ils veulent absolument vous le vendre en vous forçant à un marchandage dans lequel vous vous sentez forcément arnaqué. C'est dommage, mais c'est leur mentalité. Consolation : en Belgique et partout dans le monde on vend des objets qui rappellent l'Egypte.

KOM OMBO

Après une autre demi-journée de navigation calme et très agréable, nous arrivons en soirée à Kom Ombo. Le temple est si près de la rive du Nil que nous y allons à pied. Le temple est éclairé. C'est magnifique. On distingue encore mieux les hiéroglyphes.

Ici on adore le dieu crocodile. Dans une salle il y a des crocodiles momifiés. Sur un mur nous voyons des reliefs avec des instruments chirurgicaux, très ressemblants aux scalpels, pinces et autres instruments toujours utilisés aujourd'hui. Goodie nous explique que les anciens égyptiens ont inventé l'accouchement sans douleur, dans une position assise à la mode aujourd ‘hui au Etats-Unis. Il y a aussi une grosse pierre, comme un autel, qui attire les adeptes de la recherche de la Force : on pose les 2 mains bien à plat, on se concentre et surtout on y croit : un fluide passe alors !

Dehors il y a aussi un puits : c'est un instrument de mesure de la hauteur du Nil : mesure des crues, prévision de la sécheresse, … Ils étaient très forts.

VILLAGE NUBIEN

Le lendemain matin, nous sommes à ASSOUAN : excursion facultative : départ en barque à moteur vers le village nubien.

De nombreux villages du sud de l'Egypte (Haute Egypte) ont été noyés suite à la construction du barrage d'Assouan et à la création du Lac Nasser. Le gouvernement Egyptien a alors relogé les Nubiens dans des villages le long du Nil où ils profitent de tous les services modernes : médecine, éducation , … Les nubiens travaillent souvent dans le domaine du tourisme, où ils sont très appréciés. Leurs maisons sont très propres et l'ordre qui y règne est impressionnant. Dans la maison qui nous accueille le propriétaire nous présente ses 2 crocodiles. Pour eux cet animal est un porte-bonheur. Il y a aussi toujours des animaux ailés : à l'entrée des ailes d'aigle sont suspendues au-dessus de la porte. Les maisons sont souvent peintes en bleu, couleur qui repousse les scorpions. Parmi les objets à vendre dans les petites échopes, les plats d'épices colorées nous attirent particulièrement.

L'escale suivante est sur une plage avec des dromadaires. Fanette fait un petit tour. Nous faisons de belles photos. Des marchands beaucoup plus sympas que ceux d'Edfou veulent acheter Aurélie pour une Ferrari. Ils m'appellent Bernadette, et Daniel devient Moustache.

On veut nous vendre des tas de babioles pour un euro. Nous ne céderons pas.

ASSOUAN : carrière avec l'obélisque inachevé

A la carrière il fait chaud comme dans une étuve : le soleil se reflète sur le calcaire et le mercure monte certainement à 50°. Daniel et Robin font le tour de la carrière et photographient l'obélisque inachevé, fendu et abandonné là il y a 4000 ans. C'est grâce à ce chantier inachevé que nous pouvons comprendre comment les anciens égyptiens s'y prenaient pour produire des blocs de pierre mono-blocs d'une telle taille.

Les filles se dirigent plutôt vers les boutiques, la galerie offrant un semblant d'ombre et de fraîcheur. Nous voici à nouveau assaillis par les vendeurs. Je décide fermement de ne plus rien acheter ! Enfin, je choisis quand même 10 belles cartes postales, et ils fournissent les timbres. Super ! Ce soir, en bons touristes, nous nous plierons à la corvée des cartes de vacances.

ASSOUAN : barrage et Philaë

Nous redémarrons et passons d'abord sur l'ancien barrage, et ensuite arrêt au Barrage d'Assouan. Il y a des gardes partout. Ils ont peur que nous découvrions des secrets d'état. Il est vrai que la taille du barrage est époustouflante. On ne se rend pas bien compte de l'énormité de la production d'électricité, et donc du point névralgique pour le pays. Des terroristes pourraient sans doute le prendre pour cible et porter un coup fatal à l'Egypte.

Le barrage fait 4 km de long, 40 m de large au sommet et 1 km en bas !

Le lac Nasser constitué par la retenue d'eau fait 500 km de long. Des tas de villages nubiens ont été noyés suite à sa construction. Depuis la création du barrage, les crues du Nil sont supprimées. Cela a un aspect positif : plus d'inondations ni de sécheresse. Mais le point négatif est la disparition des limons qui accompagnaient la crue, et qui constituaient un engrais naturel et gratuit pour faire fructifier la terre. Il est forcément remplacé par des engrais chimiques ! Quant au risque pour la sécurité du pays, l'Egypte a passé des accords avec le Soudan, la Lybie, … en leur vendant de l'électricité dans une perspective de paix durable dans cette région du Proche-Orient.

Nous sommes donc en route vers Philaë. Ce temple se trouve sur une île à laquelle nous accédons en barque à moteur. Le temple a lui aussi été noyé suite à la construction du barrage. Il été reconstruit à l'identique avec l'aide de l'UNESCO. Ce temple date de l'époque gréco-romaine. De nombreux reliefs ont été martelés sur la moitié de leur surface. On pense que l'autre moitié était sans doute ensablée à l'époque où les chrétiens sont arrivés sur l'île, en 650 environ après J-C.

Il y a des croix de Malte, et une chapelle avec un tabernacle et un autel.

Dans chaque temple la chambre du fond est la plus sacrée. Un autel en granit est presque toujours encore présent. Des sectes américaines et autres viennent s'y ‘recharger les batteries' : on s'appuie des deux mains sur le bloc en granit en y croyant très fort et une force s'en dégage !

Dernière étape de la journée : halte à une bijouterie. Le cartouche en or gravé à votre nom vaut 75 euros. Je flashe pour un magnifique collier moderne en or jaune et or blanc. Bon, il vaut 1150 euros. Conclusion, on n'achètera rien. On a l'habitude : cela ne nous attriste déjà plus.

Après le souper un spectacle nubien nos est proposé. Après quelques danses assez classiques, un sorcier avec des plumes entre en coup de vent et vient effrayer Sandrine qui n'a rien vu venir. Il entraîne une dizaines de spectateurs sur la scène, dont Aurélie et Audrey. Il fait répéter du vocabulaire nubien en hurlant à deux messieurs. C'est à mourir de rire. Suit une danse aussi amusante et cela se termine. Heureusement car demain nous devons nous lever à pas d'heure pour visiter Abu-Simbel : lever à 2h45 !

ABU SIMBEL : une merveille

Lever plus que matinal à 3 heures du matin ! Café brûlant. Départ avec oreiller et pique-nique, en car, en convoi. Vers 4 heures, 30 bus environ démarrent vers le sud.
Quand je me réveille dans le car, j'ai des nausées. Ca balance. Aurélie ne se sent pas bien non plus. Course au pas de charge pour être les premiers en face du temple monumental de RAMSES II (notre ami depuis le temple de Louxor !). Il date de 13 siècles avant JC. Le guide ne peut pas entrer à l'intérieur pour les commentaires. Dommage. Tout est dit d'un coup, dehors. Aurélie se sent mal. Heureusement un immodium-instant, une petite halte sur un banc, et ça repart.
Les reliefs à l'intérieur du temple sont encore colorés. Quelle merveille ! Il y en a tant et plus et j'ai déjà oublié la plupart des explications de Goudie. Ramses II s'est lui-même déifié, de son vivant : il est représenté les jambes jointes et les bras croisés, comme les morts, et en même temps la fausse barbe droite, comme les vivants. Il avait 40 femmes qui lui ont donné 198 enfants. On reconnaît les enfants à la boucle de cheveux derrière les oreilles. Les batailles de Ramses II sont représentées sur les reliefs : lui est sur un char. Il combat les ennemis barbus (jamais les égyptiens ne sont barbus). Il est l'égal des dieux : il les tient par la main ou il les enlace.

Le ‘petit' temple est dédié à Nefertari, son épouse préférée. A l'entrée il y a une tête de lionne sur chaque colonne. Ou est-ce une vache comme expliqué dans le guide de Daniel ??? Le relief avec la barque d'Isis est simplement magnifique.
A la sortie, devinez : boutiques. Je vois un foulard. Le vendeur demande 40 euros. On laisse tomber.

Au retour, je dors dans l'autocar, quand Daniel me réveille : il y a un mirage. On voit de l'eau dans le désert, beaucoup d'eau, et les rochers s'y reflètent. Je croyais même que c'étaient des maisons !!

L'excursion vers Abu Simbel est toujours facultative et coûte 90 euros par personne. Le voyage à partir d'Assouan est possible en autocar (en convoi) ou en avion. Il ne faut sous aucun prétexte rater cette excursion, et l'option autocar permet de traverser le désert au lever du jour : c'est magnifique. Les mirages, je n'y croyais guère, et bien voilà, j'en ai vu quelques-uns. Cela aussi vaut la peine, c'est compris dans le package ;-)

Retour sur le bateau avant midi. Surprise, frites à volonté. Les belges se régalent. Elles sont très bonnes ! Ensuite, corvée cartes postales. Finalement elles sont vite prêtes à expédier.

Dernière mise à jour 21-Mar-2009
Suite du voyage sur le site, dans quelques jours

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